Voliago
Guide

Facturation et comptabilité en concession automobile : VN, VO et APV

Une concession émet des factures très différentes : un véhicule, un ordre de réparation réparti entre quatre payeurs, un avoir. Voici la chaîne complète, de la commande jusqu'à l'écriture comptable. Tout cela se passe dans le logiciel DMS concession, pas dans un outil à côté.

· Par Bacem Hmoudi, concepteur de Voliago

De la commande à l'écriture comptable

La facturation en concession n'est pas un module isolé : c'est le point où toute l'activité se transforme en argent et en écritures. La chaîne complète compte six maillons, et un seul maillon manquant oblige à ressaisir.

  1. Le dossier — commande véhicule ou ordre de réparation, avec ses lignes, ses remises et ses conditions.
  2. Le document légal — facture, avoir, numérotés par séquence et par site, non modifiables après émission.
  3. La répartition — qui paie quoi : le client, un assureur, un constructeur au titre de la garantie, un loueur.
  4. L'encaissement — acomptes, échéancier, moyens de paiement, reste dû.
  5. Le rapprochement — ce qui est effectivement rentré, ce qui manque, ce qui doit être relancé.
  6. L'export — les écritures vers votre logiciel comptable, sur votre plan de comptes.

Le test à faire en démonstration : demandez à suivre un seul dossier du devis jusqu'à l'écriture, sans jamais ressaisir un montant. C'est plus révélateur qu'une liste de fonctions.

Facturer un véhicule neuf ou d'occasion : options, remises, reprise, TVA

Une facture de véhicule n'est pas une ligne et un prix. Elle porte les options, les suppléments — dont certains sont des taxes reversées et ne suivent pas le même régime de TVA —, les prestations et contrats, les accessoires, les remises par origine et la reprise éventuelle.

Deux points méritent l'attention en consultation :

  • La feuille de gestion. Elle doit calculer seule la marge hors taxes et en pourcentage, la TVA, les totaux, le net à payer et le solde dû. Si elle est alimentée à la main, elle sera fausse un jour sur dix — et toujours sur le dossier qui compte.
  • L'origine des remises. Une aide constructeur, un geste concession et une aide de l'État ne se traitent pas de la même façon comptablement. Les mélanger dans une colonne « remise » rend l'analyse de marge inexploitable.

Trois particularités de la facture véhicule méritent d'être vues en démonstration. La reprise n'est pas une remise : c'est un achat distinct, avec son propre document (certificat de cession, facture d'achat ou déclaration selon le vendeur), dont le montant vient en déduction du net à payer sur le dossier de vente — voir reprise et achat VO. Le régime de TVA du VO dépend du statut du véhicule et de son origine : sur marge ou sur le prix total, il se paramètre à l'entrée en stock, se répercute seul dans la facture et conditionne la marge réelle d'un VO — le logiciel applique la règle, il ne la choisit pas pour vous, et ce guide ne tient pas lieu de conseil fiscal. Les suppléments, enfin : frais de mise à la route, carte grise avancée pour le client, taxes reversées, accessoires posés avant livraison, chacun avec son traitement de TVA et son compte d'imputation. Tout cela doit sortir de la feuille de gestion du bon de commande, sans ressaisie entre la commande et la facture.

Enfin, la numérotation : une séquence par site et par type de document, continue, sans trou, et qui ne dépend pas de l'ordre dans lequel les utilisateurs cliquent. C'est une exigence légale avant d'être un confort.

Facturation APV : facturer un ordre de réparation à plusieurs payeurs

C'est ici que la facturation automobile devient vraiment particulière, et c'est ce que l'on appelle la facturation APV : la facture après-vente, produite depuis l'ordre de réparation.

De l'OR à la facture

La facture atelier ne se saisit pas, elle se produit depuis l'OR terminé. Chaque ligne de l'ordre — main-d'œuvre pointée ou barémée, pièce sortie du magasin, prestation externe, forfait — porte déjà son payeur, son prix et son taux de TVA ; la facturation consiste à vérifier que ce que l'atelier a fait correspond à ce que le client a accepté, puis à émettre une pièce par payeur. Si le conseiller doit ressaisir un montant à cette étape, il y a un trou dans la chaîne.

Client, garantie constructeur, contrat, loueur : la répartition par ligne

Un même ordre de réparation se répartit souvent entre plusieurs payeurs :

  • Le client — au tarif public.
  • La garantie constructeur — au barème constructeur, avec ses codes d'imputation et ses limites de champ.
  • Le contrat d'entretien — dans la limite du quota et du plafond kilométrique, avec un motif écrit quand une opération n'est pas couverte.
  • La flotte ou le loueur — aux conditions négociées, et seulement après accord préalable référencé.

Main-d'œuvre barémée et pièces

Chaque payeur porte son contexte de main-d'œuvre et son niveau de prix pièces : ce ne sont pas les mêmes barèmes. Une ligne de main-d'œuvre facturée au client et la même ligne imputée en garantie n'ont ni le même taux horaire ni le même montant.

Un logiciel qui ne sait pas faire cette répartition oblige à découper l'ordre en plusieurs dossiers, ce qui casse l'historique du véhicule et rend le suivi des temps impossible. La main-d'œuvre se facture au temps barémé par l'opération, pas au temps pointé — l'écart entre les deux est un indicateur de productivité, pas une ligne de facture. Les pièces suivent le niveau de prix du payeur et le coût moyen pondéré du magasin pour la marge. Le parcours au comptoir et la caisse atelier en trois files sont décrits dans le guide atelier.

Acomptes, échéanciers et impayés

Entre la facture émise et l'argent encaissé, il y a souvent plusieurs semaines et plusieurs mouvements. Trois mécanismes doivent exister nativement.

  • Les acomptes — versés à la commande ou dès l'acompte à la signature du devis, imputés à la facture, avec un reste dû toujours juste sur le dossier.
  • Les échéanciers — un paiement en plusieurs fois se suit ligne par ligne, avec les dates prévues et les dates réelles.
  • Le rapprochement — ce qui est rentré, ce qui manque, et depuis combien de jours. C'est cette ancienneté qui déclenche la relance.

La caisse doit se lire en trois files simples : à facturer, à encaisser, à rapprocher. Un conseiller ou un comptable doit pouvoir répondre en dix secondes à « est-ce que ce client nous doit quelque chose ? » — sinon la question ne se pose plus, et les impayés vieillissent.

Côté garantie, le sujet est le même sous un autre nom : les règlements constructeur arrivent par relevé et doivent être rapprochés des réclamations envoyées, avec l'écart calculé ligne par ligne. Les montants non payés faute de champ manquant ou de code erroné représentent des sommes rarement suivies, et jamais récupérées si personne ne les voit.

La caisse : encaissements, clôture et écarts expliqués

La caisse d'une concession reçoit des règlements de nature très différente — carte au comptoir de l'atelier, virement d'un loueur, financement versé par l'organisme, chèque d'acompte, espèces sous plafond légal — et chacun doit se rattacher à une facture ou à un acompte. Trois gestes la tiennent. L'encaissement rapproché : un règlement n'existe pas « en l'air », il s'impute sur une pièce, et le reste dû se recalcule aussitôt. La clôture : en fin de journée ou de période, le total par moyen de paiement se compare au fond de caisse et aux remises en banque, et chaque écart reçoit une explication écrite avant validation — pas un ajustement silencieux. Le journal : qui a encaissé, annulé ou remboursé quoi, et quand, avec un droit distinct pour les avoirs et les remboursements. Une caisse qui se clôture en dix minutes parce que tout a été rapproché dans la journée est le signe que la chaîne fonctionne ; une caisse qui se clôture en deux heures avec des écarts « à voir demain » est le signe du contraire.

Numérotation, mentions obligatoires et journal d'audit

Une facture est une pièce légale avant d'être un document commercial. Trois exigences ne se négocient pas. La numérotation : une séquence chronologique continue, sans trou ni doublon, par site et par type de pièce (facture, avoir), attribuée à l'émission et non à la création du brouillon — un numéro ne se réserve pas « au cas où ». Les mentions obligatoires : identité et adresse des parties, date, numéro, désignation précise de chaque ligne, quantités, prix unitaire hors taxe, taux et montant de TVA, conditions de règlement, pénalités de retard et indemnité de recouvrement pour les professionnels ; la liste officielle fait foi (voir « Pour aller plus loin »). L'inaltérabilité : une facture émise ne se modifie pas ; elle s'annule par un avoir rattaché, et le journal d'audit conserve qui a fait quoi. Un DMS qui permet de « corriger » une facture émise sans trace vous expose, pas lui.

Envoyer la facture : PDF, portail client sans compte, e-mail

La facture produite doit arriver au client sans passer par l'imprimante. Le PDF à la charte de la marque est généré à l'émission et rangé dans le dossier, avec la facture d'origine en cas d'avoir. L'e-mail part depuis le dossier, avec suivi de remise. Le portail client, accessible par lien à jeton et portail client sans compte et signature pour les pièces qui en ont besoin, met à disposition la facture, le restant dû et le paiement en ligne de la facture atelier ; le client la retrouve sans appeler le comptoir, et le conseiller voit qu'elle a été consultée.

L'export vers la comptabilité

Un DMS n'est pas un logiciel comptable, et il n'a pas vocation à le devenir. Son rôle est de produire des écritures propres, sur votre plan de comptes, sans retraitement manuel.

Ce qu'il faut vérifier :

  • Le plan comptable est paramétrable chez vous, pas figé par l'éditeur. Chaque cabinet a ses habitudes.
  • L'export couvre les ventes et l'atelier, y compris les avoirs et les encaissements.
  • Le format correspond à ce que votre logiciel comptable sait lire — et le connecteur est chiffré d'avance : voir ce que coûte un connecteur comptable.
  • L'export est rejouable et tracé : on doit savoir ce qui a déjà été exporté, pour ne pas envoyer deux fois le même mois.

Le bon critère de choix n'est pas « est-ce que c'est intégré avec mon logiciel comptable », mais « combien de retouches manuelles après l'export ». Posez la question en ces termes : la réponse est très différente.

Les indicateurs d'une facturation qui tient

Quatre chiffres suffisent à savoir si la chaîne fonctionne, et ils doivent se lire sans export. Les valeurs cibles sont les vôtres : mesurez d'abord votre point de départ.

IndicateurDéfinitionCe qu'il révèle
Chiffre d'affaires main-d'œuvre et piècesCA facturé par nature, par payeur et par site, sur la périodeL'équilibre de l'atelier et la part prise en garantie ou en contrat
Taux de facturation du temps pointéHeures facturées rapportées aux heures pointées par les techniciensLa productivité réelle, et les travaux faits sans être facturés
Délai OR → factureJours entre la clôture des travaux et l'émission de la factureLes OR terminés qui attendent au comptoir, donc de la trésorerie immobilisée
Encours impayés par anciennetéMontants dus à 30, 60, 90 jours, par payeurLes relances à faire, et les règlements constructeur jamais rapprochés

Facture électronique 2026-2027 : calendrier et Factur-X, où nous en sommes

La réforme française impose progressivement l'émission et la réception des factures par plateforme, dans un format structuré (le profil Factur-X en fait partie) plutôt qu'en PDF simple. Les dates d'entrée en vigueur par taille d'entreprise sont publiées par l'administration : nous ne les recopions pas ici, elles ont déjà bougé, et le calendrier officiel sur impots.gouv.fr fait foi. Pour une concession, cela concerne les factures entre professionnels : flottes, loueurs, sociétés, sous-traitance, et les relations avec les fournisseurs.

Trois questions à poser à tout éditeur, et à faire écrire :

  1. Quel est le calendrier annoncé, avec des dates ?
  2. Le raccordement à une plateforme est-il inclus ou facturé en supplément ?
  3. Comment sont traitées les factures reçues, et pas seulement celles émises ?

Pour être clair sur notre propre situation : chez Voliago, la facturation véhicule et atelier, le multi-payeur, les encaissements et l'export comptable sont en service aujourd'hui. La facture électronique est au programme et annoncée comme telle — elle n'est pas livrée. Nous préférons l'écrire plutôt que de la faire figurer dans une liste de fonctions.

Sur le coût de ces modules, voir le guide des prix d'un DMS.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Comment facturer un ordre de réparation partagé entre plusieurs payeurs ?

Client, garantie constructeur, contrat d'entretien et flotte sont des payeurs distincts. Chacun porte son contexte de main-d'oeuvre et son niveau de prix pièces : la même ligne n'a pas le même taux selon le payeur. La répartition doit se calculer dans l'ordre de réparation, sans le découper en plusieurs dossiers.

Un DMS remplace-t-il un logiciel comptable ?

Non, et il n'a pas à le faire. Son rôle est de produire des écritures propres sur votre plan de comptes, sans retraitement manuel. Le bon critère de choix n'est pas l'intégration annoncée mais le nombre de retouches à faire après l'export.

Pourquoi distinguer l'origine des remises ?

Une aide constructeur, un geste commercial de la concession et une aide de l'État ne se traitent pas de la même façon comptablement. Les mélanger dans une colonne unique rend l'analyse de marge inexploitable.

Comment suivre les règlements de garantie constructeur ?

Les règlements arrivent par relevé et doivent être rapprochés des réclamations envoyées, avec l'écart calculé ligne par ligne. Les montants non payés faute de champ manquant ou de code erroné ne sont jamais récupérés si personne ne les voit.

Voliago gère-t-il la facture électronique ?

Pas aujourd'hui. La facturation véhicule et atelier, le multi-payeur, les encaissements et l'export comptable sont en service ; la facture électronique est au programme et annoncée comme telle, pas présentée comme livrée.

Qu'est-ce que la facturation APV ?

La facturation après-vente : la facture produite depuis l'ordre de réparation, souvent répartie entre plusieurs payeurs — client, garantie constructeur, contrat d'entretien, loueur —, chacun avec son barème de main-d'œuvre et son niveau de prix pièces. Elle se distingue de la facture véhicule par cette répartition par ligne et par la caisse atelier qui l'encaisse.

Quels exports un DMS doit-il fournir à l'expert-comptable ?

Les journaux de ventes et d'encaissements sur votre plan de comptes, les avoirs, le fichier des écritures comptables (FEC) sur demande de l'administration, et un export rejouable et tracé pour ne jamais envoyer deux fois la même période. Le bon critère n'est pas l'intégration annoncée mais le nombre de retouches après l'export.

Comment facturer une reprise dans une vente ?

La reprise est un achat distinct, avec son propre document d'achat au nom du client vendeur ; son montant vient en déduction du net à payer sur la facture de vente, il ne s'y mélange pas comme une remise. Le véhicule repris entre en stock avec son prix d'achat, point de départ de sa marge VO.

La caisse atelier peut-elle encaisser un acompte ?

Oui. L'acompte est encaissé au devis ou à la prise de rendez-vous, rattaché à l'OR, puis imputé sur la facture finale ; le reste dû se recalcule et apparaît sur le portail client. Un acompte non imputé à la clôture est un écart à expliquer, pas un oubli acceptable.

Comment facturer une garantie constructeur ?

Les lignes couvertes sont imputées au payeur « garantie » au barème du constructeur, avec ses codes d'opération, puis envoyées en réclamation par lots. Le règlement arrive par relevé et doit être rapproché ligne par ligne des réclamations ; l'écart non payé — champ manquant, code refusé — se voit, se conteste ou se passe en perte, mais jamais en silence.

Le DMS complet, à voir sur vos propres cas

29 modules, une IA qui propose et une personne qui valide, des connecteurs constructeurs par configuration, une application mobile iOS et Android. Hébergé en France.